Les saints Anges gardiens

L'Association de Lyon


« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. »
(Mt 18, 10)





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  Les premiers articles de la revue "L'Ange Gardien"




1891 (1° année)
N°1 - Mai
N°2 - Juin
   d°
N°3 - Juillet
N°4 - Août
N°5 - Septembre
N°7 - Novembre
N°8 - Décembre
Sur les Anges
Apparition de Saint Michel au Mont Gargan
Les saints Anges et Jeanne d'Arc
Protégé par l'Ange gardien
Des facultés des Anges
Du nombre des Anges
L'Ange des vocations
L'Ange de l'école

Voir également : 1891 - 1892 - 1893 - 1894 - 1895 - 1896 - 1897 - 1898 - 1899 - 1900 - 1901 - 1902 - 1903 - 1904


  Sur les Anges

Pour parler dignement des anges, il faudrait l'inspiration divine, la plume d'un chérubin ou, comme il a été donné à quelques saints privilégiés, la vision d'un de ces princes de la cour céleste.
Chaque ange, dit saint Denis l'Aréopagite, est l'image la plus vivante, la plus achevée de la beauté divine, le miroir le plus clair où se reflètent, dans le plus vif éclat, les rayons de la lumière éternelle.
Saint Jean, dont l'œil d'aigle avait plongé jusque dans les splendeurs du ciel, entra en extase à la vue de l'ange qui lui révélait les merveilles de la Jérusalem céleste. Le vertueux Tobie et sa famille demeurèrent prosternés dans le ravissement pendant trois heures, lorsque Raphaël, en s'élevant au ciel, leur laissa voir un instant l'éclat de sa beauté.

La bienheureuse Jeanne de la Croix voyait son ange tous les jours :
" Il a le visage, disait-elle, plus brillant que le soleil, les habits plus blancs que la neige, les ailes diaprées de si riches couleurs, que la nature n'offre rien de pareil. Une croix de diamant lui pend sur le front, attachée à la couronne qu'il porte sur la tête et sur laquelle on lit : Que tous les anges vous adorent, ô Christ, parce que vous êtes le Roi des anges. Il a une autre croix sur le bras droit, au-dessus de laquelle sont écrits ces mots : Voilà la croix du Seigneur, fuyez, légions ennemies.
La même devise est écrite autour de la croix qui fait le milieu de son bouclier. Au-dessous d'une autre croix qu'il porte sur le bras gauche, avec les clous et d'autres instruments de la passion, on lit ces paroles de l'Eglise : O bois si doux, ô clous aimables ! Sur la bordure de sa robe, au devant de la poitrine, est cette devise : Que la grâce du Saint-Esprit illumine votre intelligence et vos cœurs. Et au bas de sa robe : Que tout genou fléchisse au nom de Jésus. Enfin, pour tout dire en un mot, sa beauté est inconcevable à nos esprits. "

Tel est le langage des saints. Les yeux de la foi peuvent seuls concevoir cette beauté, car aucune langue humaine, aucun pinceau terrestre, ne sauraient montrer un ange sorti des mains du Créateur, tout resplendissant de perfection. Aussi, l'Eglise ne nous dit pas : vois, ce pouvoir ne lui a pas été donné ; mais elle nous dit : crois, parce que Dieu, le divin docteur et pasteur de nos âmes, a voulu que la vérité nous parvînt par voie d'enseignement.
A cet enseignement, nous demanderons la doctrine sur les saints anges, les raisons et les causes que nous avons de les honorer d'un culte spécial, et de les vénérer comme de puissants amis, des protecteurs auprès de Dieu.

" Si nous savions, dit un pieux auteur, tout ce que peuvent faire en notre faveur ces divins esprits, tout ce qu'ils font pour nous sans que nous y songions, les biens qu'ils nous procurent, les maux dont ils nous délivrent, les dangers qu'ils écartent de nous, les occasions funestes d'où ils nous retirent, les lumières dont ils nous éclairent, les mouvements de crainte et d'amour qu'ils excitent dans nos cœurs, la force qu'ils nous communiquent dans nos combats, la douleur qu'ils ont de nos chutes, le soin qu'ils prennent de nous relever par la pénitence ! Si nous savions le zèle qui les anime, l'amour qui les consume, les saints empressements qu'ils ont pour notre salut, il ne se passerait pas de jour que nous ne pensions à eux ; nous les remercierions, nous les invoquerions à toute heure, nous serions dans la crainte de rien faire qui leur déplaise. "

L'Ecriture sainte, la tradition et la vie des saints nous présenteront aussi de biens douces considérations sur le rôle des anges dans le monde. Elles seront pour nous ce qu'est au voyageur le parfum d'une fleur sur le bord du chemin ; nous les cueillerons pour en goûter toute la suavité.
Heureux le chrétien qui a foi en son saint et aimable ange gardien, qui l'honore, qui l'invoque ! Il le rencontre partout comme un guide, un consolateur ; comme un frère qui, du port, à l'abri des tempêtes, tend une main puissante et douce au frère qui lutte encore sur les flots.
Puissent les saints anges, ministres de miséricorde, phares lumineux, marcher devant nous, et diriger notre frêle nacelle à travers tous les écueils, afin qu'elle aille au loin porter cette parole et la faire aimer : La dévotion aux saints anges n'a jamais été plus nécessaire qu'en ces jours, où Satan et les milices infernales semblent déchaînées sur le monde.

L'Ange Gardien n°1, mai 1891 (pp.3-5)


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  Apparition de saint Michel archange au Mont Gargan

Le 8 mai, l'Eglise célèbre la fête de l'apparition de l'archange saint Michel sur le mont Gargan, aujourd'hui San-Angelo, dans le royaume de Naples. Cette apparition eut lieu l'an 492, sous le pontificat de Gélase 1°.
Des bouviers, cherchant un taureau qu'ils avaient perdu, le trouvèrent les cornes embarrassées dans une caverne. Pour faire sortir l'animal de sa retraite, on lança vers lui une flèche, mais la flèche se retourna à mi-chemin contre celui qui l'avait tirée. Ce fait extraordinaire remplit d'une telle crainte les bouviers, qu'ils n'osèrent plus s'approcher de la caverne.
L'évêque de Siponte consulté ordonna des prières publiques.
Trois jours après, saint Michel apparut, déclarant que, par cet événement, il avait voulu indiquer que cet endroit était sous sa protection, et qu'on devait y bâtir une église en son honneur et en celui de tous les saints anges.
Trente ans plus tard, le pape saint Boniface consacrait l'église dédiée à saint Michel sur le mont Gargan, église qui est devenue le rendez-vous de nombreux pèlerinages, et où se sont opérés de grands miracles.
En 1002, sur l'ordre de saint Romuald, Othon III, empereur d'Allemagne, y alla expier le crime dont il s'était rendu coupable en mettant à mort le sénateur Crescens.

De ce promontoire, comme d'une forteresse d'où il protège l'Eglise, le prince des milices célestes semble dire à l'univers entier : l'Eglise du Christ, mon maître, éclaire les intelligence, gouverne les volontés et sauve les âmes.
Le prodige du mont Gargan s'est renouvelé sur les côtes de Normandie. Là aussi, saint Michel a demandé une basilique en son honneur ; là encore, s'élevant, pour ainsi dire, au-dessus de la terre et de l'océan, il répète : Qui est comme Dieu ?
Glorieux Archange, nos rois vous ont autrefois proclamé patron de la France ; protégez donc ce peuple qui, malgré les apparences, reste toujours votre peuple ; protégez l'Eglise et la France.

Prière de Léon XIII à saint Michel archange
Sa Sainteté Léon XIII a composé la belle prière suivante que tous les prêtres récitent en latin, après le Salve Regina, à la fin des messes basses :
"Saint Michel, archange, défendez-nous dans le combat. Soyez notre rempart contre la malice et les pièges du diable. Que Dieu le réprime, nous le demandons en suppliant. Et vous, Prince de la milice céleste, armé d'une force divine, repoussez en enfer Satan et les autres esprits mauvais qui errent à travers le monde en vue de perdre les âmes. Ainsi soit-il."
Unissons-nous au Vicaire de Jésus-Christ pour adresser souvent cette prière à saint Michel devant qui Satan et ses légions ont, depuis longtemps, appris à trembler et à fuir.

L'Ange Gardien n°2, juin 1891 (pp.19-21)


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  Les saints Anges et Jeanne d'Arc

Il y a quelques jours, la ville d'Orléans célébrait des fêtes magnifiques, fêtes où, par une trop rare exception, l'éclat des pompes civiles rehaussait les solennités du culte. C'était en souvenir de sa délivrance par Jeanne d'Arc, humble vierge à qui Dieu donna mission de sauver la France.
Jeanne d'Arc naquit le 5 janvier 1412, au village de Domrémy, situé dans un gracieux vallon, sur la rive gauche de la Meuse, aujourd'hui dans le département des Vosges.
Quand elle était toute petite, on l'appelait Jeannette et Jeanne quand elle fut grandette. A treize ans, elle gardait dans les champs le troupeau de son père. Pieuse et charitable, elle aimait à soulager les pauvres souffreteux. Si, pendant les jours d'hiver, un voyageur fourvoyé demandait assistance ou asile, elle lui cédait volontiers son lit et allait coucher au fenil. On n'en sut jamais dire que tout bien.
Or, un jour d'été, vers l'heure de midi, - elle sarclait au jardin et elle avait jeûné ce jour et le jour d'avant, - voilà qu'une grande clarté frappe ses yeux et une voix lui dit : "Jeanne, fille de Dieu, fréquente toujours l'église, sois toujours bonne et Dieu t'aidera."
Jeanne eut grand'peur, car elle était alors bien jeune ; mais la voix était si digne et si douce que la bergerette se réconforta. Toute heureuse et réjouie, elle voua à Dieu sa virginité.
Une autre fois, saint Michel lui apparut accompagné d'anges, et lui dit quelle pitié était au royaume de France, qu'elle devait secourir le roi en armes, et faire lever le siège d'Orléans.
Jeanne se prit à pleurer, disant qu'elle était une pauvre fille qui ne saurait ni chevaucher, ni mener la guerre. L'archange lui répondit de ne pas douter, d'aller à Vaucouleurs, vers Robert de Baudricourt, capitaine dudit lieu, que ce Robert la mènerait, ou lui donnerait des gens pour la conduire sans empêchement ni trouble vers le noble roi. On sait le reste…
Fidèle aux voix célestes, elle entreprit le voyage et remplit sa sublime mission.
Voici un extrait du fameux procès de Rouen, interrogatoire public du mardi 27 février 1431 :
L'Assesseur. - Quelle est la voix qui, la première, vint à vous, quand vous aviez treize ans environ ?
Jeanne. - Ce fut saint Michel, je l'ai vu devant mes yeux ; il n'était pas seul, mais bien entouré d'anges du ciel.
L'Assesseur. - Par quel conseil êtes-vous venue en France ?
Jeanne. - Je ne vins en France que sur l'ordre de Dieu.
L'Assesseur. - Avez-vous vu saint Michel et les anges réellement et avec leurs corps ?
Jeanne. - Je les ai vus des yeux de mon corps aussi bien que je vous vois ; et quand ils s'éloignaient de moi, je pleurais et j'aurais bien voulu qu'ils m'emportassent avec eux.
La foi et la confiance en Dieu rayonnaient sur le front si pur de la vierge de Domrémy, quand elle répondait à ses juges. Sur le bûcher, sa dernière parole fut : Jésus, et son âme s'envola, en compagnie des anges, au Paradis.

L'Ange Gardien n°2, juin 1891 (pp.63-64)


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  Protégé par l'Ange gardien

Il y a déjà longtemps, mais je frissonne encore en pensant au danger que je courus.
Par une sombre nuit de novembre, vers les sept heures du soir, je descendais une côte sur ce sol tourmenté des environs de Saint-Etienne, en suivant un étroit sentier. Au départ, je m'étais recommandé à mon bon Ange, et tout en marchant j'égrenais mon chapelet.
Sans quelques feux de charbon allumés pour faire du coke, l'obscurité eût été complète. Tantôt la lumière de ces feux m'éblouissait, tantôt elle formait autour de moi des ombres fantastiques, tantôt elle disparaissait sous de noirs tourbillons de fumée.
Ainsi guidé par une lumière incertaine, je ne m'aperçus pas de la bifurcation du sentier et, au lieu de tenir la droite, je pris la gauche qui me conduisit sur le bord d'une carrière de pierres profonde de trente mètres. Déjà, j'avais le pied dans le vide, lorsque je sentis vivement une force invisible me jeter en arrière.
Tout tremblant et ému, je me frottai les yeux, et je vis l'abîme où je devais trouver la mort !
Je remerciai Dieu de m'avoir envoyé son ange, et je répétai de tout cœur la prière que j'avais faite au départ :
Mon bon Ange, gardien fidèle
Par qui Dieu m'assiste ici-bas,
En ce jour montrez votre zèle,
Eclairez-moi, guidez mes pas.
Ainsi soit-il.
André P., agrégé dans la confrérie des Saints-Anges-Gardiens

L'Ange Gardien n°3, juillet 1891 (pp.72-73)


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  Des facultés des Anges

Galien, après avoir décrit les merveilles du corps humain, s'écria, dit-on, dans son enthousiasme : "J'ai chanté mon hymne au Créateur !"
Quel hymne eût chanté ce poétique et religieux génie, s'il eût pu considérer, pénétrer, non les grossiers organes d'un corps, mais les nobles et belles facultés des Anges, facultés mille fois plus merveilleuses, plus admirables, plus parfaites que celles de l'homme !
La première faculté naturelle des Anges est l'intelligence. Doués d'une grande pénétration, ils comprennent sans effort tout ce qui, pour nous, est mystère dans les phénomènes de la nature. Ils connaissent tous les êtres et leurs rapports, l'homme dans sa double substance, les peuples, les familles, leur histoire et leur langue, les choses matérielles avec les lois qui président à leur formation, à leur développement, à leur conservation. Ils peuvent même lire quelques-unes des pages du monde à venir. Que l'intelligence de l'homme est infime comparée à celle des Anges !
Savants qui consumez vos jours à la recherche d'une invention, hommes d'études qui pâlissez dans les travaux de la pensée, priez votre bon Ange de vous guider à travers les arcanes de la science, ou de vous aider dans vos conceptions intellectuelles. Ce qui pour vous est obscurité, scintille à ses yeux pénétrants. Enfants, étudiez aussi sous le regard de l'Ange gardien ; il rendra votre esprit attentif, votre cœur docile aux enseignements de la vérité.
Les Anges connaissent Dieu bien mieux qu'aucun saint ne l'a connu sur la terre. Aussi, pour le remercier de sa grande libéralité, chantent-ils devant son trône, et dans le plus profond anéantissement, de continuels cantiques d'actions de grâces.
La seconde faculté des Anges est l'amour. Cet amour les attire à Dieu avec une puissance qui correspond à leur intelligence. Il les inonde de délices, les plonge dans d'ineffables extases, et satisfait pleinement à tous leurs désirs, à toutes leurs aspirations. Qu'il plaise au Seigneur de les employer au gouvernement des mondes ou à la garde de l'homme, de les laisser près de sa divine Majesté ou d'en faire les messagers de sa providence, ils se tiennent également honorés, également heureux d'obéir.
Sommes-nous, comme les Anges, toujours contents de la position que le souverain Maître nous a donnée ? Voyons-nous sans envie, sans murmure, les autres occuper dans le monde un rang plus élevé ? Hélas ! notre amour pour Dieu est parfois bien faible, s'il faut en juger par notre peu de soumission à son adorable volonté.
Les Anges s'aiment d'un amour fraternel dont rien n'altère la céleste harmonie. Point de rivalité, de jalousie parmi eux. Ils forment une échelle, une chaîne mystérieuse qui les relie tous ensemble à Dieu. "Aucun, dit sainte Catherine de Sienne, ne jouit seul du bonheur, mais tous participent au bonheur de chacun, afin que, unis par une charité parfaite, le plus grand goûte les joies du plus petit et celui-ci, les joies du plus grand." Quel bel exemple de charité, de sainte fraternité pour nous !
Les Anges aiment aussi les hommes, et avec toute l'ardeur, la fidélité, la suavité de leur sublime intelligence et de leur volonté. Ils s'intéressent à nos besoins, compatissent à nos douleurs, et défendent notre âme contre les périls qui l'assiègent de toutes parts ; ils ne cherchent que notre bonheur éternel, et la plus grande gloire de Dieu. Ils nous aiment malgré nos défauts et nos vices, malgré notre oubli et notre ingratitude.
Aimons à notre tour l'Ange gardien ; lions avec lui une sainte familiarité, ouvrons-lui notre cœur ; il en sera le plus sûr, le plus précieux confident.
Une autre faculté des Anges est l'agilité. Exempts de toute enveloppe terrestre, ils peuvent franchir des espaces incommensurables avec la promptitude de la pensée. On les représente avec des ailes pour marquer cette agilité. Leur vol, plus rapide que celui de l'aigle ou le vent du désert, est comparable à l'éclair : la célérité de leurs mouvements est celle de leur volonté.
Voilà pourquoi le prophète Zacharie nous montre les Anges courant ça et là, faisant le tour du monde, pour y maintenir la paix et l'harmonie, pour répandre partout les consolations, les grâces et les bienfaits que le Seigneur les charge de porter à ses amis et aux âmes éprouvées.
Ah ! nous pouvons sans crainte confier à notre Ange gardien, les commissions les plus pressées pour le ciel ; messager agile et fidèle, il les déposera aussitôt aux pieds de l'Eternel.

Le doux et puissant protecteur

Qui pourrait dire la douce et puissante protection dont notre Ange nous environne au dangereux moment de la mort ?
Il y a près d'un demi-siècle, Mgr Bruté, évêque de Vincennes (Etats-Unis), se reposait au milieu d'une nuit obscure de ses fatigues du jour, lorsque dans son sommeil il entendit frapper, à différentes reprises, à la porte de son habitation. Il se lève, ouvre sa fenêtre et demande ce qu'on lui veut. "Les consolations de votre ministère, Monseigneur, lui répond un jeune homme portant une lanterne, pour M.***, qui se trouve bien mal. Hâtez-vous, car il ne passera pas la nuit."
Le pieux pontife s'habille en toute hâte, prend le saint Viatique à son église, et court sur les pas de son guide, à travers les précipices du bois, jusqu'à la demeure du moribond. Il entre.
Toute la famille, qu'une crise douloureuse tenait dans l'angoisse, admire la charité du bon pasteur qui, sans même être averti, vient de si loin visiter sa brebis expirante. Le malade, au comble de ses vœux, se confesse, reçoit l'extrême-onction, puis le saint Viatique, et se prépare avec plus de joie à la mort qui ne tarde pas.
Cependant, quand le saint évêque lui a donné tous les secours et toutes les consolations de son ministère, il demande à voir le jeune homme qui lui a servi de guide, pour le remercier des soins et des peines qu'il s'était donnés pendant toute la marche, afin de lui éviter les mauvais pas de la route. "Mais, Monseigneur, s'écrient d'une voix unanime tous les membres de la famille, personne n'est allé vous chercher, personne même n'a pu en avoir la pensée, le mal n'ayant empiré, d'une manière désespérante, que quelques moments avant votre arrivée. - Dans ce cas, rendez grâce à Dieu plus que jamais, dit Mgr Bruté, car celui qui m'a réveillé et conduit chez vous ne peut être que son Ange.

L'Ange Gardien n°4, août 1891 (pp.99-103)


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  Du nombre des Anges

Le nombre des Anges n'est pas certainement infini, mais il surpasse tout ce que l'intelligence et l'imagination de l'homme peuvent concevoir.
Ravis jusqu'au pied du trône de l'Eternel, Daniel et saint Jean ne parlent que de millions de milliers, et David, chantant sur sa harpe le triomphe du Seigneur, nous montre le char de Dieu escorté d'un nombre incalculable d'esprits bienheureux.
"Les Anges remplissent le ciel, la terre, l'univers entier", dit saint Ambroise, et avec lui la généralité des saints Pères. Saint Denis assure que le nombre des Anges est supérieur à toutes les créatures visibles, c'est-à-dire aux grains de sable du rivage de la mer, aux brins d'herbe des prairies, aux étoiles qui peuplent les immensités des espaces.
La bienheureuse Angèle de Foligno vit un jour une troupe si prodigieuse d'Anges autour du tabernacle, qu'elle dit :
"Si je n'eusse su que Dieu a tout fait avec nombre, poids et mesure, j'eusse cru que cette troupe sublime était infinie ; je ne voyais terminer cette multitude ni en largeur, ni en longueur, et ces foules étaient supérieures à nos chiffres."
Sainte Françoise Romaine, à qui Dieu daigna montrer la création des Anges, les vit sortir des mains du Créateur, en rangs si pressés et si épais, qu'il lui sembla voir une de ces neiges abondantes, mais d'une blancheur et d'un éclat éblouissants, tombant à flots par un temps d'automne. "Dieu, qui appelle tous les astres par leur nom, dit saint Jérôme, connaît seul celui de toutes les sublimes intelligences qui l'entourent."
Saint Thomas d'Aquin enseigne aussi que les Anges surpassent incomparablement en nombre les substances matérielles, et voici la raison qu'il en donne :
"Ce que Dieu a principalement en vue dans la création des choses, c'est la perfection de l'univers : plus une chose est parfaite dans la nature, plus elle doit être multipliée. Comme dans les corps l'excellence se voit dans leur grandeur, de même, dans les choses incorporelles, l'excellence peut se voir dans leur multitude. Les corps incorruptibles, qui sont les plus parfaits entre les corps, surpassent considérablement en grandeur les corruptibles ; d'où il est raisonnable que les substances immatérielles surpassent, pour ainsi dire, incomparablement en nombre, les substances matérielles."
Pour nous donner une idée du nombre des Anges comparé à celui des hommes, plusieurs saints Pères ont recours à la parabole des quatre-vingt-dix-neuf brebis que le père de famille laisse dans les montagnes, pour courir après celle qui s'est égarée. La brebis égarée est l'emblème de l'humanité, les quatre-vingt-dix-neuf brebis restées sont les Anges fidèles toujours sous la houlette du divin pasteur.
Bénissons la puissance et la bonté du Créateur qui a voulu se faire connaître et aimer d'un si grand nombre d'esprits bienheureux, et leur communiquer son propre bonheur. Remercions-le surtout d'avoir daigné donner à chacun de nous, un de ces Anges pour le protéger, pour le conduire pendant son pèlerinage terrestre.


Délivré par un Ange

Un missionnaire de Chine rapporte le trait suivant où éclate, d'une manière merveilleuse, l'intérêt que les Anges portent aux âmes, et leur zèle à faire valoir, en notre faveur, toutes les occasions de salut que la miséricorde divine nous ménage.
"Parmi nos quelques conversions, j'en ai vu une de bien consolante : c'est celle d'un jeune païen de vingt et un ans, pour qui s'est renouvelé le miracle de saint Pierre, délivré de prison par son bon Ange. Cet excellent jeune homme, secrètement décidé à se faire chrétien, déclara ses intentions, et pour preuve, saisissant ses idoles domestiques, il les scia par morceaux et les mit au feu. Son frère aîné, chez qui il logeait, voyant cela, entra en fureur, le frappa longtemps et rudement, puis l'enferma dans une chambre avec des chaînes aux mains, aux pieds et au cou. Deux jours et deux nuits, ce pauvre enfant resta là sans manger, bien résolu à plutôt mourir que de revenir sur sa décision. La deuxième nuit, pendant qu'il dormait, il fut réveillé par un inconnu qui, lui montrant une ouverture dans le mur, lui dit :"Lève toi et sors d'ici." A l'instant ses liens tombèrent. Se sentant libre et plein de forces, il obéit sans trop savoir ce qu'il faisait.
A peine dehors, il ne vit plus ni l'ouverture, ni son libérateur. Sans hésiter, il se rendit à la chrétienté voisine, et de là auprès de son frère, pour raconter ce qui venait de lui arriver. "Je l'ai baptisé, ajoute le missionnaire, et, sous peu, je baptiserai aussi son frère, son persécuteur, que ce miracle a converti."
(Messager du Cœur de Jésus)

L'Ange Gardien n°5, septembre 1891.


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  L'Ange des vocations

Il fait bien son œuvre à Sumène.
Huit prêtres, deux étudiants ecclésiastiques, trois petits séminaristes, plus de vingt religieuses, douze religieux parmi lesquels un Père jésuite et huit Clercs de Saint-Viateur, tel est actuellement le bilan des vocations religieuses dans notre paroisse de 2.500 catholiques.
Il fallait à cet épanouissement religieux et sacerdotal une consécration. Nous l'avons eue le dimanche 11 octobre.
Un jeune frère qui était venu demander à l'air natal le rétablissement d'une santé épuisée par les fatigues d'un austère noviciat et de sérieuses études, devait prononcer pour cinq ans, ses vœux de catéchiste mineur.
Par une faveur aussi délicate qu'elle est honorable, M. le curé avait été délégué par le T.R.P. Supérieur général, pour recevoir les vœux du jeune novice.
La paroisse était là tout entière. La belle église dont les murs ont disparu, de la base à la clef de voûte, sous de riches et artistiques peintures, avait en outre revêtu ses plus beaux ornements.
M. le curé avait, dans son prône, dit le sens des trois vœux, et expliqué la signification des cérémonies qui allaient s'accomplir.
Les fidèles étaient instruits. Le Quam dilecta se chante, et de la sacristie sort le jeune frère accompagné de son interlocuteur, le Supérieur des frères de la paroisse.
Le postulant est agenouillé près de la sainte Table. On lui remet en mains le cierge, symbole de la lumière qu'il doit allumer, et entretenir dans l'intelligence des jeunes enfants qui lui seront confiés. Puis, il s'avance au milieu du sanctuaire et tombe à genoux.
Tous les fidèles suivent avec le cœur plus encore qu'avec les yeux ; ils s'unissent au jeune frère dont la pâle figure et le corps incliné indiquent la profonde émotion. Les invocations les litanies des saints se succèdent comme des coups frappés au cœur des nombreuses phalanges qui composent la cour céleste. La Ste Trinité, la Vierge reine, modèle et protectrice du jeune Clerc de Saint-Viateur, les apôtres et les martyrs, les confesseurs et les vierges, les pontifes et les docteurs, tous les saints et saintes de Dieu ont entendu nos prières. Ils sont accourus, témoins et soutiens.
Devant la terre et le ciel attentifs, l'interrogatoire commence.
M. le curé délégué est assis au fauteuil du côté de l'épître.
L'introducteur s'est fait garant des dispositions du catéchiste. Celui-ci répond à son tour et promet dévouement et fidélité.
Le moment solennel est arrivé. Le silence se fait, et toute l'assistance, pressentant la gravité de l'acte qui va s'accomplir, redouble de prières au fond du cœur ; puis, d'une voix émue et ferme, le postulant prononce ses vœux… Il est lié.
Glorieuses chaînes qui vont le rendre fort. Maintenant il peut se revêtir de toute son armure et recevoir tout dépôt : chapelet autour du cou, livre du catéchisme de Trente en main. Il se dresse, va toucher les objets du culte dont il aura la garde et l'entretien. C'est un nouveau catéchiste mineur digne de se joindre à la nombreuse compagnie qui l'a précédé dans la Société des Clercs de Saint-Viateur.
Longues et heureuses années de dévouement au jeune frère, triomphe et prospérités à l'Institut de Saint-Viateur.
Et que l'Ange des vocations puisse se féliciter de la bonne semence qu'il vient de jeter à nouveau dans notre terre religieuse et féconde.
Les yeux ont eu leur touchant spectacle et les cœurs leurs émotions.
On voyait, il est vrai, un joug autour du cou du novice, mais ce joug était fait avec les perles d'une couronne que le cœur tresse amoureusement à une mère. En ce cas, le joug est doux. Les mains étaient chargées de livres, mais ces livres donnent le charme de la science et les parfums de la piété. Alors le cœur devine que le fardeau est léger.
Par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, certains pourraient dire qu'on annihile les plus belles prérogatives de la création et les plus nobles facultés de l'homme, qu'on se fait esclave, en un mot. Le bon Ange inspirait de plus en plus fort à ceux qui en étaient convaincus déjà : que, dans la religion, servir c'est régner.
Qui sait si plus d'un témoin n'en voudra pas faire une nouvelle expérience ? C'était le but de l'Ange des vocations, ce pourrait être son triomphe.

L'Ange Gardien n°7, novembre 1891.


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  L'Ange de l'école

Il pleure souvent l'Ange de l'école, en ces temps si tristes de laïcisation et de persécution religieuse ! Il pleure, parce qu'on veut ravir à Dieu l'âme des enfants dont il a la charge, parce qu'il voit le démon se réjouir d'un enseignement qui déjà porte de bien mauvais fruits.
A Vourles, l'Ange a aussi pleuré, mais sans se décourager. " Les méchants se sont emparés du bercail de vos petits agneaux, et le loup rôde de tout côté, a-t-il dit au pieux et zélé pasteur de la paroisse ; donnez, oh ! donnez-moi un nouvel asile pour les rassembler et les protéger !
- Bon Ange, a répondu le pasteur attristé, je n'ai rien !… mais aidez-moi ; ensemble nous referons le bercail.
- Volontiers, dit l'Ange de l'école, et vite il s'envola pour implorer l'assistance de deux autres anges très puissants et très bons : l'Ange du diocèse de Lyon, et l'Ange de la Charité.
Avec ce céleste concours, le pasteur a refait le bercail de ses chers petits agneaux ; il a mené cette œuvre avec un zèle vraiment apostolique, avec une ardeur que son Eminence le cardinal Foulon a qualifiée de sainte audace. Il attend maintenant le retour de l'Ange de la Charité pour chanter son cantique d'actions de grâce.
Cet Ange vient à vous, pieux lecteurs, pieuses et charitables lectrices du bulletin l'Ange gardien. Il vient vous présenter sa requête sous la forme de la requête du pasteur, et il vous prie instamment d'inscrire votre nom dans le livre d'or de cette œuvre si belle et si sainte. On lit à chaque page de ce livre : Bénédictions du Seigneur. L'aumône est sœur de la prière.

Monsieur le Directeur,
Vous n'ignorez pas combien j'étais douloureusement peiné de voir les enfants de la paroisse de Vourles abandonnés aux tristes effets de l'école sans Dieu, depuis la laïcisation. Le Sacré Cœur de Jésus et Marie miséricordieuse ont pris en pitié ma douleur. Ils m'ont permis, en dépit de tous les obstacles, de faire élever, en trois mois, le coquet établissement scolaire que Son Eminence Mgr le cardinal J. Foulon, archevêque de Lyon et de Vienne, primat des Gaules, a daigné solennellement bénir, dimanche, 18 octobre.
Vous étiez là, vous, mes vénérables Pères et Clercs de Saint-Viateur, prêtant à cette auguste et touchante cérémonie, la grâce et l'éclat de vos blancs surplis, l'harmonie de vos chants, le concours de vos prières. C'est l'un de vous qui distribue aux enfants le pain de la sainte parole, de l'instruction religieuse et de l'éducation chrétienne.
Je tenais à placer dans le nouveau local une statue de l'Ange gardien, en compagnie de celles du Sacré Cœur de Jésus, de la sainte Vierge et de saint Joseph. L'Ange de l'école a compris mon désir. Quelques jours avant la bénédiction, une petite fille de six ans, conduite par sa mère, est venue m'apporter le prix de la belle statue peinte que vous admirez sur la porte d'entrée.
Ce premier bienfait des anges doit en amener d'autres. Il me faut encore au moins dix mille francs pour solder les dépenses de cette construction. Permettez-moi de faire appel, par l'entremise des saints anges, à la générosité de vos pieux lecteurs. La plus minime obole sera reçue avec reconnaissance.
Le Sacré Cœur de Jésus, titulaire de l'école, s'engage à rendre, dès cette année, à chaque donateur, le centuple de son offrande. De plus, une large part lui est assurée dans les prières qui sont faites à l'école, à Montmartre, et dans plusieurs communautés, pour le succès d'une œuvre qui touche si directement au salut des âmes, à l'avenir du pays, à la gloire de l'Eglise et de Dieu.
P. Bauron, mis. apos., curé de Vourles.

L'Ange Gardien n°8, décembre 1891.


Depuis 1891, la revue "L'Ange Gardien" créée et dirigée par les Clercs de Saint-Viateur, fait connaître et aimer tous les saints Anges.
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L'Ange Gardien - 21, Montée St-Laurent - 69005 Lyon - France
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