Les saints Anges gardiens

Nouveautés 2007


« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. »
(Mt 18, 10)





  Septembre-Octobre 2007

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  Prions les uns pour les autres

Dans la supplication et l'action de grâce, joignons nos prières à celles des correspondants de l'Association.


  Les Anges et l'Eucharistie

Les anges sont présents et émerveillés à chacun des sacrements, mais c'est dans la liturgie eucharistique qu'ils sont tout particulièrement associés. En effet, la messe est une participation sacramentaire à la liturgie céleste, au culte rendu à la sainte Trinité par tous les êtres spirituels. Saint Jean Chrysostome écrit : « Les anges entourent le prêtre. Tout le sanctuaire et l'espace autour de l'autel sont remplis des puissances célestes pour honorer Celui qui est présent sur l'autel. » Il ajoute ensuite : « Représente-toi dans quels chœurs tu vas entrer. Revêtu d'un corps, tu as été jugé digne de célébrer avec les puissances célestes le commun Seigneur de tous. (1). » Saint Thomas d'Aquin reprend cette idée : « Et Tu est ici le Prêtre et Tu es aussi l'Hostie et les saints anges sont là présents qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté (2). » […]

Saint Jean Chrysostome rapporte l'histoire d'un saint à qui Dieu donna de voir ce qui se passait à la messe : « Il vit, pendant le Saint Sacrifice, une multitude d'anges qui descendaient tout à coup dans le sanctuaire, sous une forme humaine, et revêtus de robes éclatantes. Ils entouraient l'autel, se tenant debout dans un grand respect et la tête profondément inclinée, comme on fait à la cour en présence d'un grand roi (3). » Au VIe siècle, Saint Grégoire, Pape, donne le même enseignement : « A l'heure même du Sacrifice, à la parole du prêtre, les Cieux s'ouvrent et les chœurs des anges viennent assister aux mystères de Jésus-Christ. Alors les choses les plus sublimes s'unissent aux plus infimes. Le Ciel se joint à la terre, le visible et l'invisible ne font plus qu'un (4). » Le Père Lamy (1853-1931) sentait généralement la présence de l'ange qui l'assistait à la messe (5). […]

Les anges sont présents devant le tabernacle ; ils assistent au sacrifice de la messe. Ils nous aident dans notre adoration. Pierre-Julien Aymard aimait invoquer son ange gardien durant l'adoration : « Dans l'impuissance d'adorer Jésus-Sacrement comme il le mérite, invoquez le secours de votre bon ange, ce fidèle compagnon de votre vie. Il sera si heureux de faire avec vous ici-bas ce qu'il va continuer éternellement avec vous dans la gloire. (6) » Notre ange est aussi parfois là pour nous rappeler à l'ordre comme en témoigne sainte Véronique de Binasco : « un jour, j'étais à la messe et je fixais mes yeux sur une religieuse agenouillée au pied de l'autel. Aussitôt mon ange qui se tenait à côté de moi me réprimanda sévèrement (7) ! » Souvent nous sortons d'une distraction grâce à l'intervention de notre ange gardien. Il faut donc le prier de nous protéger des distractions et de nous aider dans notre contemplation. Le philosophe Jacques Maritain notait justement que si notre nature est ouverte par en bas à l'action des réalités corporelles, elle est ouverte par en haut à la visite des anges. Dans la vie silencieuse et préconsciente de notre intelligence, ils peuvent semer des suggestions qui, passant le seuil de la conscience claire, viendront influencer dans le concret les doutes et les orientations de notre existence quotidienne. Et il ajoute : « Quand une soudaine (et bonne) inspiration nous survient, elle peut certes être d'origine purement naturelle. Mais il est probable que, plus souvent que nous ne pensons, elle nous est soufflée à l'oreille par notre ange gardien (8). » Il est important de demander à notre ange gardien de prier avec nous et pour nous dans l'adoration eucharistique. Nous nous devons aussi de lui donner mission de garder notre imagination et notre mémoire de toute image et pensée obscures, de tendre tous nos sens externes et internes vers ce Dieu présent et voilé.

(1) : De Sac. ; VI, 4 ; PG 48, 681 B. Cité par le card. Jean Daniélou dans Les anges et leur mission, Desclée, 1990, p.89.
(2) : S. Thomas d'Aquin, Sermon pour la Fête Dieu, cité dans A.-D. Sertillanges et B. Boulanger, Les plus belles pages de saint Thomas d’Aquin, Flammarion, Paris, 1929, p.214 sv.
(3) : Du Sacerdoce, VI.
(4) : Dialog. IV, 58 ; cité par J. Hoppenot, La Messe dans l'histoire et dans l'art, Société Saint-Augustin - Desclée De Brouwer, Lille - Paris - Bruges - Bruxelles - Rome. 1906, p.246.
(5) : Comte Paul Biver, Apôtre et mystique, le Père Lamy, Ed. du Serviteur, 1988, p.160.
(6) : Pierre-Julien Eymard, La Divine Eucharistie, Sujets pour l'adoration du Très-Saint-Sacrement, Poussielgue, Paris, 1881, p.11.
(7) : Cité par J. Hoppenot, La Messe…, p.254.
(8) : Jacques Maritain, « Le tenant-lieu de théologie chez les simples », dans Nova et Vetera, 1969, p.104 ; texte paru également dans Approches sans entraves, Ed. Fayard, Paris, 1973, chap. 13.

Nicolas Buttet, L'Eucharistie à l'école des Saints, Editions de l'Emmanuel, Paris, 2000 : chap.8, Rassemblés en son Amour, 4. Avec tous les Anges, pp.339-343.


  Les anges gardiens et les pécheurs

• Si les anges gardiens existent, pourquoi tant d'hommes font-ils le mal ?
… Il ne suffit pas que les anges gardiens donnent des bonnes inspirations aux hommes ; il faut encore que ces derniers acceptent humblement d'être guidés et éclairés par leurs bons conseils. C'est la même remarque que fait saint Thomas : "De même que les hommes s'écartent de leur instinct naturel du bien à cause de la passion pécheresse, de même s'écartent-ils des directives que les bons anges leur donnent invisiblement, en les illuminant pour qu'ils agissent bien. Donc, si les hommes périssent, on ne doit pas l'attribuer à la négligence des anges, mais à la malice des hommes." Les anges gardiens ne peuvent pas empêcher l'homme de commettre délibérément le mal, mais ils peuvent lui donner la lumière et la force pour ne pas le commettre. Celui qui prie les anges gardiens uniquement dans les moments difficiles et ne leur demande jamais aucune aide spirituelle, ne récoltera que peu de fruits de la dévotion envers les saints anges.

• Les anges gardiens abandonnent-ils les pécheurs ?
Non, car les saints anges sont fidèles, constants, présents à tout instant quand bien même nous chercherions à les ignorer : "les anges gardiens ne nous abandonnent pas, quoique nous abandonnions Dieu", affirmait saint François de Sales. Saint Pio de Petrelcina disait la même chose lorsqu'il écrivait à une de ses filles spirituelles : "Combien est consolante la pensée qu'il y ait un esprit près de nous, qui, du berceau à la tombe, ne nous quitte pas un instant, pas même quand nous osons pécher." Les anges nous aiment quoi que nous fassions car leur amour dérive de l'amour de Dieu pour nous. S'ils sont donc fidèles et n'abandonnent pas ceux qui s'écartent de la volonté de Dieu ou même, la refuseraient, ils n'en attendent pas moins un effort de notre part sur le chemin de la conversion car "il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent" (Lc 15, 10). (...) ...Dieu lui-même ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive (Ez 33, 11).

Père Gilles Jeanguenin, Les Anges existent !, Salvator, 2005.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


  Nous devons l'aimer

Il est évident que si notre bon ange se montre envers nous si bon, si bienfaisant, si généreux, comme nous en ont convaincus nos méditations précédentes, de notre côté, nous avons des devoirs sacrés à remplir à son égard. "Puisque, dit saint François de Sales, nous avons tant d'obligation à tous ces esprits célestes pour les grands bienfaits que nous recevons d'eux et les bons offices qu'ils nous rendent en nous obtenant tant de grâces de la divine Bonté, voyons maintenant ce que nous pourrions faire pour leur être agréables, pour les consoler et réjouir en reconnaissance de tant de faveurs".
Notre premier devoir envers notre ange gardien, c'est l'amour.
Pourquoi devons-nous aimer notre prochain ? Avant tout, parce que, par la grâce sanctifiante, il est aimable en quelque sorte comme Dieu lui-même. Qu'est-ce, en effet, que la grâce ? C'est une communication qui nous est faite de la vie, de la nature même de Dieu. Quand une âme est en état de grâce, elle est belle de la beauté divine et, par conséquent, digne de notre amour. Voilà le premier, le vrai motif de la charité que nous devons au prochain. (...).
Mais si tout âme humaine, même une âme blessée et qui se traîne dans la boue, a droit à notre amour, parce qu'elle est l'image de Dieu, quel ne devra pas être notre amour pour notre ange gardien ? En lui l'image de Dieu est dans toute sa beauté, dans toute sa splendeur. Rien ne la souille, rien de peut en ternir l'éclat. Oh ! qu'il est aimable !
De plus, n'est-il pas notre bienfaiteur de tous les jours ? Et à ce titre nouveau ne mérite-t-il pas tout notre amour ? "Qu'y a-t-il de plus juste, demande saint Bernard, que d'aimer celui qui a tant d'inclination pour vous, et qui vous aime non pas d'un amour fragile et inconstant, mais d'un amour ferme et invariable, non pas d'un amour intéressé, mais d'un amour gratuit et de pure charité, non pas enfin d'un amour stérile et qui ne produise rien, mais d'un amour magnifique et accompagné d'une multitude de faveurs et de secours ?"

D'après l'Abbé P. Feige, adapté de L'Ange Gardien, Pierre Téqui, 1910.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


  Les fers du captif

L'orgueil et la honte, l'audace et la peur, la force et la pusillanimité, tout servait au démon, tout devenait obstacle, entre ses mains, pour empêcher le retour du jeune homme à Dieu.
Les facultés et les talents avaient abandonné la loi du maître et obéissaient à l'usurpateur.
Les pieux souvenirs de la mémoire s'étaient affaiblis et faisaient place aux souvenirs mauvais ; les tableaux de l'imagination n'étaient plus animés que par l'esprit impur ; à travers ses beaux rayons l'intelligence voyait flotter des ombres, et le cœur accoutumé aux nobles élans commençait à ramper. (...).
Esclave, cette âme ne faisait rien pour elle-même. Elle pensait, méditait, combinait... A qui le fruit de tant de préoccupations et de fatigues ? Au vil tyran qu'elle s'était donné.
Quand, au milieu de ces abaissements, le remords se faisait sentir, le démon avait bientôt rassuré le coupable :
"Tu es prompt à t'alarmer. Méprise ces vains scrupules. Ta conscience deviendrait ton bourreau. Quel si grand mal à violer un précepte qui contrarie les plus doux penchants ? Des lois si gênantes méritent-elles un pareil respect ?"
À l'occasion d'une faute unique, Satan voulait ébranler dans cette âme l'édifice de la foi et lui faire mettre en doute dogmes et devoirs. Il s'efforçait de la conduire à cette profondeur du mal où est parvenu l'impie quand il méprise tout (Cf. Pr 18, 3).
Nonobstant ce que j'avais sous les yeux, moi, son ange gardien, je ne pouvais désespérer. Je voyais ternie et souillée la glace autrefois si pure, mais elle n'était point brisée. Un miracle pouvait lui rendre son éclat et lui faire de nouveau refléter la divine image.

D'après l'Abbé Chardon, Mémoires d'un ange gardien, Librairie catholique, Clermont-Ferrant, 1873.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


  L'ange du risque

Bien des gens pensent aujourd'hui qu'il importe avant tout de ne pas attirer sur eux l'attention, de ne pas commettre d'erreurs. Ainsi, l'on ne risque pas de compromettre sa carrière ; ainsi, l'on échappe à la critique du groupe ; on n'est pas contraint à quitter son poste, et l'on réussit sa vie. Or cette attitude de recul devant le risque, en réalité, elle empêche de vivre. Celui qui veut éviter absolument toute erreur, toute faute, qui n'ose rien et ne prend aucun risque, celui-là fait tout de travers. Et c'est ainsi que rien de neuf ne peut survenir. Aussi bien en économie qu'en politique, dans l'Église que dans la société, personne ne veut plus prendre de risque, s'exposer à être attaqué. Si l'on prend un risque, les choses peuvent mal tourner, et ce serait alors la catastrophe. On serait arraché à son mol oreiller, et obligé d'assumer publiquement ce que l'on est et ce que l'on a fait. Beaucoup de gens ont peur de ne pas y survivre. Ils sont tellement obsédés par la reconnaissance de leur valeur et par l'approbation des autres qu'ils ne se fient plus à leur propre flair et ne prennent plus aucun risque. (...).
Je souhaite, ami lecteur, que l'ange du risque te donne le courage de prendre le risque de vivre, de t'engager et d'engager ceux qui t'entourent sur des chemins nouveaux. Qu'il fortifie ton épine dorsale ; qu'il couvre tes arrières, afin que tu te sentes libre de t'avancer et de faire confiance à tes initiatives sans te croire obligé de t'assurer de tous les côtés à la fois. Le monde te sera reconnaissant d'oser du nouveau, et de ne pas lui demander toujours d'abord la permission de passer de l'idée à l'acte. (...). Chacun attend que l'autre fasse un faux pas ; alors, on pourra le critiquer ; mais nul ne risque le premier pas. C'est ainsi que l'on ne pourra jamais avancer. On est à l'affût de l'erreur à trouver chez l'autre, au lieu de la risquer soi-même. Que l'ange du risque te donne, ami lecteur, la force et la liberté de consentir même à l'erreur possible, pour frayer des chemins nouveaux. Pour que la nouveauté naisse par toi en ce monde, pour que les autres découvrent grâce à toi d'autres possibilités, il faut que tu lui fasses confiance, à cet ange.

Anselm Grün, o.s.b.,50 anges…, Petit traité de spiritualité au quotidien, Albin Michel.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


  Jésus nous parle par eux

Jamais Jésus ne cesse de nous parler par ses anges (*). L'âme humaine, sans être un pur esprit, est un esprit. Ouverte par en bas à l'action des réalités corporelles, elle est ouverte par en haut à la visite des anges. Dans la vie silencieuse et préconsciente de notre intelligence, ils peuvent semer des suggestions qui, passant le seuil de la conscience claire, viendront influencer dans le concret les doutes et les orientations de notre existence quotidienne. A un premier degré - c'est le cas le plus fréquent - d'une façon très secrète. Ce qui se passe dans la conscience ne porte rien en soi qui décèle tant soit peu son origine. Est-elle naturelle ou surnaturelle ? Impossible de le dire. "Que conclure de là, sinon que nous prenons souvent pour une inspiration naturelle une inspiration qui en réalité vient d'en haut ?... Quand une soudaine inspiration nous survient, elle peut certes être d'origine simplement naturelle. Mais il est probable que plus souvent que nous pensons elle nous est soufflée à l'oreille par notre ange gardien (*)." À un deuxième degré, "l'illumination et l'inspiration reçues ont beaucoup plus de force. Elles portent alors en elles une certaine marque, expérimentée mais ineffable, qui le distingue d'un processus purement naturel. La lumière qui éclaire l'âme est différente. Et c'est alors, quand le rayon de lumière prophétique est suffisamment fort, que l'âme ajoute foi avec une authentique certitude à ce qui lui est montré par une telle inspiration, en particulier (mais pas nécessairement) quand celle-ci répond à une demande faite en ardent esprit de foi, et qu'elle fait corps avec une longue expérience de la vie de prière (*)" A un troisième degré, la lumière prophétique expérimentée portera comme la signature de l'esprit bienheureux (ange ou âme glorifiée) dont elle émane : Jeanne d'Arc reconnaissait ses Voix (*).

(*) Cf. Jacques Maritain, Le tenant-lieu de théologie chez les simples, dans Nova et Vetera, n°2.

Georges Huber, Mon ange marchera devant toi, introduction, Editions Saint-Paul.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


  Hommes ou anges ?

Les anges vivent (...) dans la proximité du ciel, proches du Dieu saint, au point qu'ils sont nommés parfois "fils de Dieu" (Jb 1,6) ou "assemblée des saints" (Ps 89,6). Et ils vivent dans la proximité des hommes, au point que ceux-ci ont du mal souvent à les identifier. Ainsi de ces "trois hommes" qui apparaissent à Abraham, au Chêne de Mambré (Gn 18,2), pour lui annoncer la naissance prochaine d'un fils, et qui deviennent "deux anges" arrivant à Sodome, sur le soir (19,1). Ainsi de "l'homme" qui lutte avec Jacob toute une nuit (Gn 32,25), en qui Jacob reconnaît Dieu "vu face face" (32,31) et en qui le prophète Osée voit un ange qui se serait laissé prendre aux ruses de Jacob : "Il fut fort contre l'ange et l'emporta, il pleura et l'implora" (Os 12,5). Arrivant, à l'aurore, au tombeau de Jésus, ce sont "deux hommes en habit éblouissant" que rencontrent, selon Luc, les saintes femmes (24,4) ; mais leur "effroi" (24,5) montre qu'elles ont bien reconnu la nature du "jeune homme à la robe blanche" que décrit Marc (16,5) et que Matthieu désigne par l'appellation traditionnelle : "l'Ange du Seigneur"(28,2).
Devant leur apparition déconcertante, l'homme peine à trouver la juste attitude : soit qu'il confonde, sans plus s'interroger, l'ange avec un simple mortel – "vous avez cru me voir manger, doit expliquer Raphaël à Tobie et à son père, ce n'était qu'une apparence" (Tb 12,19) - ; soit que, saisi par sa majesté, il assimile l'ange à la divinité qu'il reflète : "Je tombai aux pieds de l'ange qui m'avait tout montré pour l'adorer. Mais lui me dit : 'Non, attention, je suis un serviteur comme toi et tes frères les prophètes : c'est Dieu qu'il faut adorer'" (Ap 22,8-9). Devant les apparences familières ou surnaturelles qu'ils peuvent adopter, on comprend la crainte de la femme de Manoah : "Un homme de Dieu m'a abordée, qui avait l'apparence de l'Ange de Dieu tant il était majestueux" (Jg 13,6) ; et la perplexité du roi Nabuchodonosor : "N'avons-nous pas jeté trois hommes tout liés dans le feu ?... Mais je vois quatre hommes en liberté qui se promènent dans le feu, sans qu'il leur arrive du mal, et le quatrième a l'aspect d'un fils de Dieu" (Dn 3,24-25).

Sœur Marie-Laure, "Sources Vives" n° 110, Communion de Jérusalem.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


  L'ange de la paix

Aux esprits qui veillent sur l'homme, la tradition patristique attribue (...) toutes sortes de noms et de qualificatifs. Ils sont dits tour à tour "gardiens", "préposés" "intendants", "assistants" "surveillants", mais aussi "bergers" et "pasteurs". Saint Jean Chrysostome aime à saluer son ange du titre de "pédagogue", Eusèbe de Césarée l'appelle "tuteur" ou "curateur", Hilaire le vénère comme le "témoin" de sa vie. Pour Basile, il est un "aide pacifique", un aimable "compagnon de route", pour Cyrille d'Alexandrie "le précepteur qui nous enseigne le culte et l'adoration que nous devons rendre à Dieu". A son ange, saint Bernard donnera bientôt le qualificatif plus pragmatique d'"avocat", voire de bajulus, c'est-à-dire de "porte-faix", car si les anges descendent du ciel, selon lui, c'est "pour nous consoler, nous visiter, nous aider".
Parmi les titres particulièrement vénérables qu'ils reçoivent, il y a ceux d'ange de la paix, d'ange de la pénitence et d'ange de la prière.
Le premier est repris de la littérature apocalyptique juive, puisque "l'ange de la paix" est précisément celui qui accompagne Hénoch et lui explique le sens de ses visions. Au IV° siècle, il est déjà entré dans la liturgie chrétienne, comme saint Jean Chrysostome nous l'enseigne : "Apprenez qu'il y a des anges de paix. Écoutez les diacres qui répètent souvent dans les prières : Priez l'ange de la paix !" Et de même, les Constitutions apostoliques :
"Nous étant levés, implorons les miséricordes du Seigneur. Prions l'ange préposé à la paix."
Saint Basile précise davantage son rôle de protection à l'égard du voyageur : "Nous prions le Dieu ami des hommes qu'il lui donne un ange de paix comme compagnon pour le secourir".
Cet ange n'est pas invoqué seulement contre les adversaires de la route et les obstacles extérieurs, mais aussi pour protéger l'âme contre les assauts des démons intérieurs (...).

Philippe Baud, L'abîme des anges, Éditions Saint-Augustin.
Extrait de la revue "L'Ange Gardien", septembre-octobre 2007.


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