Laicité : mise au point


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"Les communautés de croyants sont présentes dans toutes les sociétés, expression de la dimension religieuse de la personne humaine. Les croyants attendent donc légitimement de pouvoir participer au dialogue public. Malheureusement, on doit observer qu’il n’en est pas toujours ainsi. Nous sommes témoins, ces derniers temps, dans certains pays d'Europe, d'une attitude qui pourrait mettre en péril le respect effectif de la liberté de religion. Si tout le monde s'accorde à respecter le sentiment religieux des individus, on ne peut pas en dire autant du «fait religieux», c'est-à-dire de la dimension sociale des religions, oubliant en cela les engagements pris dans le cadre de ce qui s'appelait alors la «Conférence sur la Coopération et la Sécurité en Europe». On invoque souvent le principe de la laïcité, en soi légitime, s'il est compris comme la distinction entre la communauté politique et les religions (cf. Gaudium et spes, n. 76). Mais distinction ne veut pas dire ignorance ! La laïcité n'est pas le laïcisme ! Elle n'est autre que le respect de toutes les croyances de la part de l'État, qui assure le libre exercice des activités cultuelles, spirituelles, culturelles et caritatives des communautés de croyants. Dans une société pluraliste, la laïcité est un lieu de communication entre les diverses traditions spirituelles et la nation. Les relations Église-État peuvent et doivent donner lieu, au contraire, à un dialogue respectueux, porteur d’expériences et de valeurs fécondes pour l'avenir d'une nation. Un sain dialogue entre l'État et les Églises – qui ne sont pas des concurrents mais des partenaires – peut sans aucun doute favoriser le développement intégral de la personne humaine et l'harmonie de la société."

Jean-Paul II, extrait du discours annuel adressé au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, lundi 12 janvier 2004.

Source : Vatican
Texte intégral du discours



Dans une lettre publiée le jeudi 29 janvier 2004 par le quotidien italien "Il Giornale", le cardinal Mario Francesco Pompedda, Préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique, explique que la conception de la laïcité en France risque de devenir une menace pour la liberté.

"Le principe de laïcité préparé par la commission présidée par Bernard Stasi et présenté ensuite à Jacques Chirac, écrit le cardinal Pompedda, saute aux yeux en raison d'une exaltation de la laïcité de l'Etat".

Il s'agit d'un "principe en soi important et que l'on peut partager", poursuit le cardinal mais il est présenté comme "une sorte de divinité qui doit dominer toute la vie en France".

Le principe de la laïcité "qui devrait être synonyme de liberté, devient ainsi un refus de libertés pour les personnes individuelles", écrit-il.

Le cardinal Pompedda estime que du rapport Stasi "émerge la conscience de l'échec d'une politique d'intégration de certaines communautés, en particulier des communautés musulmanes".

"Si le fait de mettre le voile, poursuit le cardinal Pompedda, est le fruit d'une imposition contre la volonté de la femme, l'Etat peut empêcher qu'elle le mette car la liberté personnelle de l'individu n'est pas respectée", "mais si la personne qui porte le voile veut le faire librement, l'Etat ne peut pas l'obliger à l'enlever".

Le préfet de la Signature Apostolique s'interroge : "En vertu de quoi l'Etat peut-il obliger les étudiants contre leur propre volonté, à ne pas porter un vêtement ou un symbole rappelant leur appartenance religieuse ?"

"En vertu de quoi, poursuit le cardinal Pompedda, peut-on imposer une tenue particulière à une fille, pour un cours d'éducation physique, si cela va contre ses convictions les plus profondes ?"

Après avoir expliqué que le concept de laïcité est selon lui beaucoup mieux expliqué par Jésus dans l'Evangile quand il dit "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu", le cardinal affirme que par la nouvelle loi française "on veut imposer la nouvelle religion du laïcisme".

"Si ce principe est accepté, estime le cardinal Pompedda, au lieu de sauvegarder la liberté, on la violera, en imposant des lois et des conceptions qui finissent par ôter à la personne le droit fondamental d'orienter sa propre vie selon sa conscience".

C'est cela qui préoccupe le pape, qui dans son récent discours au Corps Diplomatique, a bien expliqué que laïcité ne signifie pas laïcisme mais plutôt "un lieu de communication entre les différentes traditions spirituelles et la nation", a conclu le Préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique.

Source : Zenit.org






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